« Dissidents » de l’Aïd el Kabir en prison

L’audience qui s’est tenue au tribunal le 5 septembre 2107 a vu l’affluence d’une foule nombreuse qui n’hésitait pas à faire le “V” de la victoire avec les doigts ou encore à scander “fi-sabilillah”. Et pour cause, les prévenus qui ont “bravé” la “fatwa” qui disposait que l’Aïd el Kebir devait être célébrée le samedi 02 et qui ont prié le 1er septembre y étaient entendus.
L’affaire commence à faire des vagues. Et des grosses. Les onze prévenus ont quasiment tenu le même argumentaire en brandissant le décret du 23 novembre 2009, lequel a fixé la célébration de l’Aïd el Kabir au lendemain du Anrafat.
Selon eux (et ce décret est toujours en vigueur), ils devaient fêter le vendredi. Très en phase, ils ont ensuite fait référence au verset coranique qui dit
Ô croyants ! Obéissez à Allah, obéissez au prophète et à ceux d’entre vous qui détiennent le pouvoir. En cas de litige entre vous, référez-vous-en à Allah et au prophète….
Selon l’un d’entre eux, qui est un Imam dans la localité d’Itsikundi, l’obéissance est classée dans le verset ci-dessus dans l’ordre de préférence et pourtant “le prophète priait et fêtait le lendemain du jour d’Anrafat”. Il a par ailleurs regretté qu’ils aient été malmenés par les forces de l’ordre dans la maison de Dieu quand ils se faisaient appréhender.
Eléments constitutifs
A son tour, le procureur de la République a tout d’abord soulevé le problème de “recyclage” des religieux avant de mentionner la loi n°08-041/AU du 27 juin 2008 instaurant les pratiques religieuses. Durant sa plaidoirie, il a insisté sur le fait que “seules les autorités pouvaient décider pour tout ce qui concerne la religion”.
Il a en outre fait valoir que les éléments légaux, matériels et intentionnels étaient constitués. D’ailleurs, ajoutera-t-il, “les prévenus ont reconnu les faits, ils avaient eu connaissance de la ‘fatwa’ édictée par les autorités”.
Ainsi, le procureur de la République a demandé, au terme des débats, six mois d’emprisonnement pour les “fundi” et imams, cinq mois pour les autres et deux mois pour ceux “ayant regretté d’avoir profané la loi”.
Lors des plaidoiries, les avocats de la défense ont évoqué l’arrêt 13-003 de la Cour constitutionnelle en date du 07/05/2013 qui a partiellement rejeté la loi sur les pratiques religieuses.
Ils se sont par ailleurs aussi basés sur les dispositions du décret du 23 novembre 2009.
Aussi, les avocats ont fait part de leurs étonnements des accusations à l’endroit de leurs clients alors que ceux-ci n’ont fait que se conformer audit décret. Un des avocats a demandé la relaxe pure et simple surtout que depuis vendredi dernier, les prévenus sont privés de leur liberté.
Nazir Nazi/ Alwatwan
l’AïdelKabir
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